Zach LaVine, un All Star en devenir ? [InsideBasket.com]

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Dans quelques heures, nous saurons enfin qui seront les remplaçants du All-Star Game et par conséquent si Zach sera pris par les coachs…

Pour vous faire un débrief de la situation du jeune arrière de l’Illinois et d’évaluer ses chances d’y accéder, nous avons produit un article le concernant sur le site InsideBasket.com

L’article est disponible juste ici.

Bonne lecture !

#BullsNation

Julien (@JulienMickaelD)

Podcast Bullshit #8 : Boylen à la ramasse… Début de saison compliqué !

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Huitième épisode de l’émission « Bullshit » ! Au programme :

– Jim Boylen, où en est-il ?

– Effectif en déroute

– Débat : LaVine ? Quel est son plafond ?

– Markkanen démarre enfin ! Blessure et déprime ?

Disponible sur YouTube et Soundcloud.

Preview Bulls @ Cavaliers – 30/10/19

On est parti pour cette nouvelle preview ! Tu veux dire que tu vas nous expliquer comment on va se faire botter les fesses ?

Non don’t be so mean ! Il y a toujours de l’espoir et cet espoir s’ouvre en plusieurs actes que nous allons tenter d’extraire.

Comment défendent les Cavaliers ? Sur le P&R, vous y êtes habitués, votre œil ne voit plus que ça, l’intérieur reste dans la raquette protéger le cercle et le défenseur du porteur de balle suit le porteur. Et qu’est ce que ça veut dire Jamie Boy ? En théorie, cela veut dire qu’il faut jouer le P&Pop car le tir sera ouvert. Et maintenant ça suffit les bêtises, on les rentre ces tirs ! On les rentre ! Je dois rappeler que si les Bulls étaient à une adresse moyenne de 36% aux tirs ouverts ce qui est une moyenne convenable, surtout vu la qualité de nos shooteurs, on aurait mis aux Hornets 6 points de plus et aux Knicks, 18 ! Mais là je m’égare.

Loin du ballon, les Cavs switchent sur les écrans exter-exter mais gardent leurs joueurs sur les exter-inter. Ils passent souvent sous les écrans dans ces moment là. Et tu sais ce que ça veut dire ? Et oui encore du tir exter pour notre attaque.

Maintenant comment on attaque les Cavaliers du coup ? Tu l’as compris du shoot de loin qu’il va falloir mettre. Cela devient urgent. A côté de ça, les Cavaliers défendent vraiment mal le P&R, Garland tout particulièrement. Je sais que ce soir c’est l’anniversaire de Sato, donc il faut que lui et White attaquent encore et encore le cercle sur Garland et sur Knight. Sexton n’est pas non plus un grand défenseur, il oriente trop pour contenir l’axe, donc il faut le déborder sur l’extérieur. Bref harcelez cette défense du P&R sur les deux exters très jeunes, ressortir les bons ballons pour le Pop et planter ces tirs. La rota des Cavs est classique donc les gars auront des shoots à mettre. De plus, Osman est lent sur ses appuis et ne fait pas beaucoup d’efforts en D. Otto Porter doit, comme face au match contre les Knicks au départ, prendre le dessus sur Osman, soit loin du ballon soit avec le ballon. Je veux du système en double lame, ce que je décrivais chez les Grizzlies.

De plus les Cavs sont une défense horrible en transition aussi, donc on protège ce rebond, priorité absolue en défense et on relance vite. Si on protège le rebond ensemble, on tiendra.

Comment les Cavaliers attaquent ? Sur transition ils jouent beaucoup le tir exter en première intention. Donc il faudra bien close out et communiquer. Attention à ces séquences où l’adversaire accélère le jeu et plante 8 points en 30 secondes.

Sur jeu placé, on retrouve beaucoup de P&R/Pop pour Garland et Sexton. On sait que Love va pop mais attention, il est malin, on doit bien surveiller ses gestes pour ne pas sauter dans les feintes. S’il pop, notre défense peut être impactée vu qu’on monte très haut sur le porteur, dans ce cas il faut le couper en étant agressif sur sa balle et bien revenir sur Love à côté. Lorsque les Cavaliers jouent P&Pop avec Love, je suis pour qu’on n’essaie même pas de monter à deux, couvrons le pop et envoyons notre pivot en protection de cercle pour aider, vu que les pivots des Cavaliers ne shootent pas.

De plus on voit beaucoup de remontées depuis le corner pour Osman. Comme ici :

Dans ces cas là, être attentif, ne pas passer sous l’écran pour ne pas donner un tir ouvert et être prêt à contester le drive.

Enfin et là j’ai assez peur. Beaucoup de jeu avec deux écrans. On sait que ça nous réussit pas lorsque c’est du Horns. Pour la simple raison qu’on doit adapter notre défense. Si tu as deux poseurs d’écran, tu dois savoir de quel côté tu montes à deux sur le joueur ce qui est déjà difficile. De plus tu ne peux plus utiliser ta rotation vu que tes deux bigs sont occupés sur l’action. J’espère que les Bulls vont mettre en place une défense spéciale « Horns ». On sait que sur ce Horns des Cavaliers, Love Pop, TT roule et le porteur de balle drive. Donc, je suis pour que le 4 reste sur Love, le 5 reste en bas en protégeant le cercle et le défenseur du porteur de balle le suive. En gros ça ressemble à un drop classique avec décrochage du 4 pour couvrir le pop. J’illustre ici :

Voilà la séquence d’attaque :

Voilà comment je la défendrais avec nos Bulls :

Enfin dernier fond de jeu, le poste bas pour TT ou Love avec des joueurs qui tournent autour pour se démarquer à trois points. Bon, je suis plutôt confiant sur ce domaine, il faut tenir son joueur pour éviter de donner un tir ouvert.

Le point rebond offensif, les Cavaliers adorent le rebond off. Apprenons de nos erreurs contre les Knicks, protégeons ce rebond à tout prix !

Voilà, ce sont mes tips pour suivre le match de ce soir. Je ne suis pas confiant tant que les Bulls n’auront pas prouvé qu’ils pouvaient arrêter de bananer tous leurs tirs ouverts. Si on rentre ces shoots ensuite, le reste ça sera du peaufinage.

Let’s go Bulls, SEE RED mais surtout SEE DROIT et SOIS ADROIT !

Guhur (@GugurCahaya)

Preview Bulls @ Knicks – 28/10/19

Ce soir on joue les Knickerbockers. Autre franchise mythique qui, comme les Bulls, ne brille pas par ses résultats sportifs ces dernières années mais continue de générer un capital positif. Je ne sais pas si le match sera une merveille visuelle, mais je suis convaincu qu’il est économiquement très rentable. Pour cacher la pilule commerciale, nos deux équipes vont tenter de proposer un basket, basket que nous allons tenter d’analyser dans ses grandes lignes.

Comme souvent D First. Celle des Knicks n’est pas aussi inexistante qu’on peut le lire de la part des mauvaises langues et si nous verrons que Fizdale n’a pas les plus grands stratagèmes offensifs, il a au moins le mérite de proposer une défense avec des axes réguliers. Premièrement, le P&R. Les Knicks laissent le big man très bas dans la raquette, le défenseur du porteur de balle accompagne ce dernier. De ce fait, le porteur du ballon a le choix entre s’opposer directement au second rideau, prendre un midrange ouvert, transmettre au poseur d’écran. Dans ce genre de défense comme face au Grizz, je conseille le P&Pop, ça veut dire qu’on risque de voir Lauri prendre 10 3 points identiques, en espérant qu’il règle enfin la mire. Car ce sont de bons tirs, pour les rendre meilleurs, il faudrait qu’ils soient exécutés du côté droit de Lauri. La raison restant toujours la même, cf la shot chart. Le rouge étant un % élevé, le bleu un % faible.

Les Knicks ajoutent une chose différente par rapport aux Grizz, le défenseur côté ballon vient aider pour contester le drive ou le Pop. Ainsi on retrouve un défenseur zonant plus qu’il ne tient son homme entre deux attaquants. 

Sur les écrans loin du ballon, on tient son joueur et on suit dans l’écran. Sur les handoff on passe en dessous de la transmission et on garde son joueur. La défense des Knicks est assez permissive aux trois points, il faut exploiter les aides et le manque de communication pour trouver des tirs ouverts. De même si je conseillais d’attaquer le cercle des Grizzlies, ce soir je suis plus indécis. Leurs rotations sont deep sur le secteur intérieur. J’essaierai de les forcer à sortir un maximum sur les tireurs pour ouvrir le cercle. Proposer des solutions de cut sur lesquelles les Knicks suréagissent et encore une fois briser les rotations. Cette équipe a une forte présence au rebond défensif, limitons notre agressivité sur ce domaine, ne donnons pas trop de transitions où les Knicks jouent leur chance étant limités sur le tir extérieur en jeu placé.

En effet l’attaque des Knicks est assez statique. Elle passe beaucoup par le jeu au poste bas étant réputé comme un style qui casse le mouvement. Bien que n’étant pas totalement d’accord avec cette philosophie, fort est de constater que les Knicks ne circulent pas beaucoup une fois le « Punch » lancé. Ce dispositif est beaucoup utilisé par Randle et Morris notamment qui tentent d’apporter une aide. Je pense que l’une de nos pièce maîtresse ce soir sera Thaddeus Young, qui va devoir contenir ces deux gars en utilisant le moins d’aide possible. Lorsque les Knicks ne jouent pas le poste bas, ils utilisent un dispositif avec deux joueurs dans les corners et trois autres face au cercle à  0°, 45°gauche et 45° droit. De là on est sur un système de P&R, handoff, flare screen, feinte de handoff de l’intérieur pour cut. Le schéma est très simple et n’utilise presque uniquement que ces trois joueurs, les deux autres attendant qu’une aide vienne pour être démarqués. Ici un exemple de flare screen pour cut directement RJ Barrett.

Les Knicks sont très limités au tir, je suis donc pour contester un maximum ces drives des porteurs de balle, en les orientant un maximum vers l’extérieur de l’axe pour donner un drive au big par le centre, l’aide venant alors du joueur sur l’extérieur dans les 45° opposé. Globalement, il faut enfermer le porteur de balle pour éviter un maximum de venir aider côté ballon. C’est d’ailleurs la différence principale dans les séquences où les Bulls défendent correctement. On oriente plus efficacement et on rend les transmissions aux joueurs ouverts plus difficiles.

Enfin, les Knicks aiment attaquer comme nous le rebond offensif avec leurs joueurs de grande taille et athlétiques. Si nous sécurisons le rebond, nous aurons des transitions grandes ouvertes que les Knicks protègent mal. Attention à ce secteur, il faudra bien boxout avec trois joueurs. 

Pour synthétiser ce soir nous devons :

  • En attaque :

– Commencer à rentrer nos tirs ouverts, notre sponsor c’est un fuckin opticien. c’est pas possible de tirer autant à côté.
– Faire sortir les défenseurs sur les tireurs.
– Jouer en transition.

  • En défense :

– Sécuriser le rebond.
– Ne pas donner trop d’aides évidentes sur les drives.
– Tenir le poste bas en Man to Man.

Preview Bulls @ Grizzlies – 25/10/19

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Après un premier match au scénario catastrophe contre les Hornets, les Bulls doivent montrer de quoi ils sont vraiment capables. Ce soir au programme, les Memphis Grizzlies qui sortent d’une défaite avant-hier face au Miami Heat, après avoir tenu le match durant trois quart temps.

Comme lors du dernier match, tentons ensemble de tirer les axes principaux de ce match pour que nos bulls décrochent leur première victoire.

J’ai envie de commencer aujourd’hui par ce qui nous a coûté le match dernier, la transition. Hier coach Boylen a déclaré que la transition avait été un problème majeur et que nous avions concédé trop de trois points ouverts et de layups. Pour quelles raisons notre défense en repli n’est-elle pas bonne ? Et bien, nous forçons trop au rebond offensif. Du coup les adversaires ont un temps d’avance dans la relance et nos jeunes Bulls ne communiquent pas suffisamment pour savoir qui doit stopper le ballon, ou comment se placer. Memphis est une équipe avec une rotation à trois intérieurs qui sont des spécialistes du rebond, JJJ, Brandon Clarke et Jonas Valanciunas. Alors s’il vous plaît, temporisez le rebond offensif. Même chose pour nos guards. Ja Morant aime participer au rebond. Memphis n’est pas une grande équipe de transition, Morant ne semble pas avoir l’envie d’accélérer depuis son cercle à la manière d’un Fox, Dillon Brooks n’est pas à l’aise balle en main, Valanciunas n’est pas un rim runner. Il faut en profiter pour se replacer.

Particulièrement quand on observe l’attaque sur jeu placé des Grizzlies que nous allons décrire ici. Plusieurs possibilités. D’une part, leur schéma simple de P&R Morant-Intérieur. Si c’est Valanciunas ou Clarke, notre défense de base semble adaptée. Maintenant attention au P&Pop pour JJJ, il va falloir communiquer pour ne pas laisser le jeune intérieur prendre son rythme au tir extérieur.

Deuxième schéma, Un P&R et à l’opposé un système de démarquage, ça peut prendre cette forme là par exemple

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Morant prend l’écran de Jonas avec la balle en main. De l’autre côté, Crowder pose un écran pour ouvrir un intervalle pour Dillon Brooks. Nous ne switchons pas dans les écrans, donc nous devons être vigilant à ne pas nous concentrer uniquement sur la balle.

Lorsque Morant sort du terrain et que Valanciunas est présent, nous observeront plus de jeu poste bas. Les Bulls n’en ont pas réellement rencontré depuis leur préparation, j’espère que si une prise à deux se déclenche, elle viendra du côté faible.

Si nous gérons la tenue du P&R, que nous replions et que nous avons appris de nos erreurs sur l’espace laissé au tireur, l’attaque des Grizzlies devrait se gérer. Ils ont peu de créateur, le plus gros travail va revenir aux intérieurs afin de savoir quels bigs vont finir en foul trouble en premier.

Car effectivement pour faire payer la défense des Grizzlies, nous devons exploiter leur faiblesse, la gestion des fautes des intérieurs. JJJ a ce péché mignon d’enchaîner les fautes stupides et Valanciunas n’est pas un bon protecteur de cercle. Si nous pouvons rapidement sortir les intérieurs du match, nous contrôlerons le rythme. Et c’est là que LaVine et Satoransky vont avoir un rôle. Les Grizzlies drop sur P&R, c’est-à-dire que le pivot reste très bas, près du cercle, et que le défenseur du porteur de balle suit le porteur tant bien que mal. Dans cette configuration, la défense délaisse totalement le midrange et veut protéger le cercle. Nos gars doivent aller défier cette défense et provoquer des fautes, Morant est une passoire sur P&R et Brooks n’a pas les qualités physiques pour suivre LaVine. Si nous sortons ces mecs du match nous enlevons à Memphis ses options de scoring et nous en avons les moyens. De plus comme la défense laisse le big très bas, je veux voir un nombre de P&Pop ahurissant entre LaVine et Lauri. Sortons JJJ en périphérie, laissons LaVine prendre le dessus sur un défenseur certes intelligent mais moins rapide. Coby lui, va pouvoir se jouer de Morant de la même manière. Sur les corners, les P&R sont trappés, il faut faire pop le poseur d’écran et casser la défense mise en place.

Exemple ici :

Les Grizzlies ne sont pas une bonne équipe en défense de transition, prenons-les de vitesse. Défendons de manière appliquée et relançons efficacement, surtout lorsque Jonas est sur le terrain. Cette nuit, ça devra d’abord passer par la défense pour avoir une attaque efficace

Enfin les Grizzlies ne changent pas sur les écrans exter-exter et passent parfois sous les écrans et nous devons trouver des démarquages par des systèmes loin du ballon.

Pour conclure :

En attaque :

• Provoquer des fautes aux intérieurs en drivant

• Privilégier le P&Pop plutôt que le P&R

• Jouer en transition

En Défense :

•Revenir en transition

•Tenir le porteur de balle loin du cercle

• Suivre les démarquages loin du ballon

Voilà les clefs de ce match selon-moi. La dernière fois j’avais annoncé une victoire, je me tairai donc ce coup-ci, mais entre nous, perdre ce soir serait difficile à encaisser.

Sur ce bon match à tous et… SEE RED.

Gugur Cahaya (@GugurCahaya)

Satoranský, le bon choix pour Chicago ?

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Signé cet été pour un contrat de trois ans, Tomáš Satoranský est-il le meneur que Chicago cherchait désespérément ?

Le problème à la mène n’est pas récent chez les Bulls. En effet, depuis le départ de Derrick Rose la veille de la draft 2016 dans le cadre d’un trade avec les Knicks, le poste est sujet à une instabilité chronique. En trois saisons, les différents coaching staffs ont utilisé pas moins de huit meneurs titulaires différents. Ainsi, au cours des trois exercices passés, Rajon Rondo, Jerian Grant, Michael Carter-Williams, Kris Dunn, Cameron Payne, Ryan Arcidiacono, Walt Lemon Jr et Antonio Blakeney ont tous débuté au moins une rencontre à la mène. Parmi eux, aucun n’a réussi à s’imposer comme étant indiscutable. L’expérience Rondo a rapidement tourné court, le Front Office ayant décidé de se lancer dans un processus de reconstruction un an seulement après sa signature. Si quelques joueurs ont montré de belles promesses comme Dunn ou Arcidiacono, ils n’ont néanmoins pas su prouver qu’ils pouvaient être des titulaires légitimes en NBA. D’autres comme Cameron Payne ou Jerian Grant se sont révélés comme étant de véritables fiascos.

Sur les 246 matchs de ces trois saisons, le meneur titulaire des Bulls compilait des moyennes très médiocres. 10,1 points, 5 passes décisives en un peu plus de 28 minutes. A cela s’ajoutait des pourcentages au tir tout simplement mauvais, 41,4% au global et 30,5% à trois points. Ni la quantité, ni l’efficacité n’était au rendez-vous pour les meneurs des Bulls dont la production était largement insuffisante, d’autant plus dans une ligue ou le rôle du Point Guard est devenu prépondérant.

Le Front Office était arrivé au constat que la priorité de l’intersaison devait être de renforcer ce poste délaissé depuis trop longtemps, un désaveu pour Kris Dunn. En ce sens, trois mouvements ont été faits. Premièrement, lors de la draft, les Bulls ont sélectionné Coby White en 7ème position en provenance de North Carolina. S’il n’est pas encore suffisamment prêt pour revêtir la tunique de titulaire en NBA, c’est un joyau à polir, un meneur scoreur qui pourrait s’avérer très précieux pour le futur de Chicago. Il évoluera cette saison en sortie de banc où il pourra démontrer sa palette offensive face aux second units adverses. Au delà des axes de progression purement technique, on surveillera également sa gestion du tempo, des temps forts et des temps faibles, qualités essentielles pour s’imposer en tant que titulaire dans le futur. Les Bulls ont ensuite décidé de prolonger Ryan Arcidiacono pour trois saisons supplémentaires. Un glue guy qui se donne toujours à fond sur le terrain qui n’est pas sans nous rappeler les belles heures de Kirk Hinrich. Mais malgré son coeur énorme, ses limitations physiques le rattrape et il n’a pas le profil pour être titulaire en NBA. Il est davantage un role player qui nous sera très utile en sortie de banc, dans l’effort comme dans la gestion du tempo.

Enfin, le dernier mouvement à la mène sur lequel nous allons nous attarder est la signature de Tomáš Satoranský. Arrivé à Chicago par l’intermédiaire d’un sign&trade avec Washington. Le tchèque était free agent protégé et les Wizards avaient la possibilité de s’aligner sur n’importe quelle offre émise. Afin de contourner cette protection, les Bulls ont offert plusieurs bonus axés autour de seconds tours de draft. Dans un premier temps, la protection sur le 2ème tour de draft 2023 (acquis dans le trade d’Otto Porter) a été levée. Les Wizards ont également acquis la possibilité d’un échange sur le deuxième tour de 2020 pour récupérer le choix le plus haut entre celui des Grizzlies et des Bulls. Enfin, autre échange de choix possible, celui du deuxième tour de la draft 2022.

Ainsi, avec ces deux pick swaps et une protection levée, Chicago a pu s’assurer que Tomáš Satoranský serait bel et bien un Bulls pour les trois saisons à venir. Deuxième free agent signé après l’arrivée du vétéran Thaddeus Young quelques heures plus tôt, il s’engage donc pour 30 millions de dollars sur trois ans, la dernière année n’étant que partiellement garantie pour plus de flexibilité financière.

Et si le nom de Satoranský n’est pas le plus flashy de la NBA, son arrivée à tout l’air du très bon coup pour les Bulls. En effet, l’an dernier, sur 54 matchs en tant que titulaire, il a compilé 10,7 points, 4,3 rebonds et 6,2 passes en 32,5 minutes de moyenne. Si la production en matière de points inscrits est similaire à ce que l’on avait l’habitude de voir dernièrement à la mène chez les Bulls, ses statistiques dans les autres domaines sont bien supérieures. Son efficacité est notamment bien meilleure puisqu’en tant que titulaire, il tournait à 48,6% au tir et un très remarquable 40,4% à trois points. Autre point notable, sur ses 1753 minutes, il n’a perdu la balle que 96 fois, une capacité à jouer propre qui nous manquait ces dernières années à la mène, à l’exception de Ryan Arcidiacono qui avait un des meilleurs ratios assist/turnover de la ligue l’an passé.

Une fois son contrat signé, Satoranský est immédiatement parti rejoindre sa sélection nationale pour disputer la Coupe du Monde. Avec les Tchèques, il a été très en vue, autant par son niveau de jeu que par le leadership dont il a fait preuve tout au long de la compétition, répondant présent dans tous les moments chauds. Il termine l’épreuve avec plus de 15 points marqués par match et plus de 8 passes de moyenne. A cela s’ajoute une très belle efficacité avec notamment un superbe 48% à 3 points et un 90% sur la ligne des lancers francs. Qui plus est, il a frôlé le triple double par deux fois et a mené sa sélection jusqu’à une très belle sixième place.

Si des doutes étaient encore permis à l’aube de la présaison, Jim Boylen a annoncé après trois matchs que Tomáš Satoranský serait bien le titulaire à la mène pour la saison à venir. Il s’est rapidement montré à son avantage, notamment dans sa gestion du tempo et a complètement éclipsé un Kris Dunn dont les jours semblent être comptés à Windy City. L’ancien des Wizards coche bon nombre de cases du profil idoine que recherchait les Bulls. Un meneur gestionnaire, qui cherche avant tout à mettre en avant ses coéquipiers. Un joueur qui peut également jouer sans ballon et laisser la balle dans les mains de Zach LaVine tout en constituant une menace extérieure crédible. Une capacité à tirer de loin et étirer les défenses que l’on avait plus vu chez un meneur à Chicago depuis DJ Augustin. Preuve qu’il n’a pas besoin de la balle pour être performant, son usage rate l’an passé n’était que de 14,1% (son plus élevé en carrière) là où ceux de Kris Dunn et Cameron Payne étaient respectivement de 20% et 17,4%. C’est un joueur qui se montre efficace et productif sans avoir nécessairement besoin de porter la balle.

Symbole de son efficacité, il était l’un des sept joueurs à avoir 27 minutes ou plus de moyenne l’an passé et à tenter 7 tirs ou moins. Pourtant, son 48,5% au tir était le cinquième meilleur parmi les guards avec plus 25 minutes ou plus de moyenne (derrière Simmons, Brogdon, Harris et Irving). Peu de tirs, mais une belle efficacité, une qualité appréciable dans un 5 où LaVine, Markkanen et Porter seront les trois premières options offensives.

En tant que titulaire, Tomáš avait un ratio assist/turnover de 3,50, ce qui l’aurait classé neuvième de la ligue sur la saison dernière. Sur ses 80 matchs joués l’an passé, il a perdu 2 balles ou moins 64 fois. Il était également dans le top 40 de la NBA dans la catégorie pourcentage de passes décisives avec près de 25%. Il était également le meneur d’une équipe des Wizards qui avait le neuvième rythme de jeu le plus rapide de la NBA, de bon augure au vu du style de jeu que Jim Boylen semble vouloir adopter la saison prochaine. Si ses statistiques brutes ne semblent pas incroyables à première vue, elles témoignent surtout d’une grosse efficacité de Satoranský qui semble être un très bon fit dans le contexte des Bulls. Sa venue vient réellement compléter le cinq majeur des Bulls, apportant des aspects qu’il manquait à Chicago. Le besoin n’était pas à un meneur qui gardait beaucoup la balle pour empiler les stats mais à une dernière pièce pour lier l’attaque, être une menace tout en sachant rester en retrait, un rôle dans lequel Satoranský excelle.

Un autre aspect que l’on a déjà pu apercevoir lors de la présaison et qui sera utile à Jim Boylen, la polyvalence qu’il fournit, notamment grâce à sa grande taille (2m01). Il est capable de jouer sur trois postes, meneur, arrière et même ailier par séquence. Par conséquent, il apportera différentes options au coaching staff et n’aura aucun problème à jouer avec LaVine, Dunn, White ou même Arcidiacono. Un atout pour les Bulls dont les rotations pourront varier pour s’adapter aux adversaires et à la forme des joueurs au sein même d’une rencontre.

Malgré tous les aspects positifs que la venue de Satoranský amène, certains aspects amènent quelques interrogations. Dans un premier temps, sa défense. S’il n’est pas un piètre défenseur, on ne peut pas pour autant le qualifier comme un spécialiste dans le domaine malgré sa grande taille. Cette dernière lui permet de défendre sur plusieurs positions mais il est dans la moyenne de la ligue au niveau de toutes les statistiques défensives. Avoir un spécialiste de la défense (les fans des Bulls rêvaient pendant un temps de Patrick Beverley) à la mène aurait pu être intéressant pour combler les lacunes de Zach LaVine dans ce domaine.

Un autre zone d’ombre pour Satoranský, son manque d’agressivité au drive. En effet, sur les 43 guards ayant disputé 27 minutes ou plus en moyenne, seulement trois joueurs (Ball, Beverley et Forbes) ont moins attaqué le cercle que lui. Ses 6 drives par match pourraient être un problème si Boylen continue de vouloir mener une attaque à base de drive and kick. En effet, l’an passé, une fois le nouveau coach en place, Chicago était l’équipe qui attaquait le plus la raquette de la ligue avec presque 56 drives par rencontre. Si le manque d’agressivité de Satoranský pourrait le mettre en difficulté dans ce domaine, il offre néanmoins une option très intéressante pour étirer la défense sur les drives de ses coéquipiers, grâce à un tir à 3 points très fiable. A voir si la volonté de Boylen de voir ses meneurs attaquer le panier la saison dernière était liée à une question de personnel à sa disposition ou à une véritable volonté de voir ses guards agresser la raquette.

Si Tomáš Satoranský n’était pas le nom le plus clinquant de la Free Agency, loin des Leonard, Durant ou encore Irving, il représente tout de même une belle signature pour les Chicago Bulls. Un joueur de complément, solide dans beaucoup de domaines et qui remplit quasiment tous les critères quant aux besoins de l’équipe sur le poste de meneur. Sa complémentarité avec le reste du cinq majeur était flagrante sur la présaison. Elle était d’autant plus marquante après la saison dernière qui a souligné l’incapacité de Dunn et Lavine à cohabiter sur les lignes arrière tant leurs jeux respectifs semblent incompatibles.

Et si Satoranský était la pièce manquante pour que les Bulls soient à nouveau compétitifs ?

Clément G. (@Aricio__)

Preview Bulls @ Hornets – 23/10/19

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Here we go tonight… Pour le premier match de la saison de Chicago, les Bulls font face aux Hornets. Essayons ici de tirer les clefs principales du match afin de l’appréhender avec un regard tactique ce soir. Oui les Hornets sont considérés comme une des équipes les plus faibles de la NBA et une possible victoire face à eux peut sembler facile ou tout du moins réaliste. Mais attention, contrairement à la grande majorité des équipes de fond de tableau, les Hornets de Borrego ont un fond de jeu structuré, là où certaines franchises ne jurent que par l’iso et le P&R.

Les Hornets ne peuvent se le permettre étant donné le nombre limité de ballhandlers de l’effectif et c’est pour cela que leur attaque se déroule souvent loin du ballon. Ce soir, les Bulls doivent savoir que les Hornets ont deux objectifs, créer des drives pour Bacon et secondairement Rozier, ainsi que de prendre le plus de trois points possibles. Pour se faire, ils ont un fond de jeu très identifiable qui consiste à créer des handoff sur les côtés vers 45 degrés avec un joueur qui ensuite coupe ligne de fond et se place dans le corner opposé à trois points, tandis que l’autre a soit un espace pour déclencher le drive/tir, soit retransmet à l’opposé. Globalement l’attaque ressemble à ceci pour les Hornets.

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Maintenant que nous avons statué leur jeu placé… Qu’est-ce que ça va donner par rapport à notre défense ? Et bien à première vue, on peut se dire que notre force est la défense du P&R, hors les Hornets n’abusent pas de ce dispositif, nous devons donc ce soir absolument monter sur Bacon dans ces séquences décrites sur les côtés afin de casser tout le jeu de Charlotte. Du coup, l’aide qui est mise en place d’habitude par Chicago devra venir presque systématiquement depuis le corner opposé à l’action, comme illustré ici.

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Si Boylen et ses troupes réalisent ceci et bloquent d’une part le drive principal et d’autre part les lignes de passes nécessaires pour la relance de Charlotte, je ne vois pas comment les Hornets peuvent représenter un soucis sur jeu placé.

Attention néanmoins aux tirs ouverts. Les Bulls ont pour volonté de protéger le cercle et nous ne switchons pas sur les écrans extérieurs-extérieurs loin du ballon. De ce fait on offre des tirs à trois points plus facilement, ce que va chercher Charlotte. Je ne serai pas surpris que nous encaissions des tirs de Zeller ou PJ Washington en première intention après la remontée de balle. Les Bulls doivent être haut sur le ballon pour contester le tir et loin du ballon (bien communiquer toujours pour bloquer ces tirs).

LaVine aura un rôle important, il sera le défenseur sur Bacon, qui est le joueur qui représente la plus grosse menace directe des Hornets. L’avantage qu’on a, c’est que pour LaVine exceptionnellement on switch sur les écrans exter-exter. Cela devrait limiter le retard pris par la défense.

Dernier point sur notre défense, la transition. Chicago joue le rebond offensif à outrance et Charlotte et de par ses pinch screen sous le cercle, Charlotte est une bonne équipe en transition. Attention sur ce point, bien se placer devant les intérieurs sous le cercle est primordial en transition pour être en mesure d’apporter une aide de second rideau. Ne pas se jeter inutilement face à une équipe composée de bon rebondeurs défensifs.

En attaque maintenant, les Hornets défendent un peu comme nous, en montant à deux sur le porteur de balle lors du P&R. Néanmoins, ils surprotègent le cercle en descendant à plusieurs pour aider sur les drives. De ce fait ils nous laissent beaucoup de tirs extérieurs que Chicago va prendre et se doit de rentrer. De même, les P&Pop sont une arme qui sera efficace sur cette D de Charlotte. LaVine va devoir jouer plus loin du ballon pour être instoppable, il faut forcer la D des Hornets à compenser sous le cercle et renverser sur nos tirs ouverts.

En conclusion, je ne vois qu’une seule façon de perdre ce soir, qu’on se troue sur les tirs à trois points ouverts. On va se créer des occasions, il faut les concrétiser. En D, si la communication est aussi bonne que lors des matchs précédents et que la consigne assez simple à mettre en œuvre est utilisée (ce qui semble crédible vu notre D sur écrans), les Hornets ne devraient pas nous poser de problème.

Sur ce, bon match et… SEE RED !

Cugur Cahaya (@CugurCahaya)